Le Conseil fédéral reconnait qu’il faudra interdire les armes nucléaires

Dans une interpellation parlementaire du mois de septembre 2014, la conseillère nationale Isabelle Chevalley (PVL; VD) a demandé au Conseil fédéral de clarifier la position de la Suisse à l’occasion de la conférence de Vienne sur les conséquences humanitaires des armes nucléaires qui aura lieu en décembre 2014. L’interpellation a soulevé également la question du rôle que la Suisse pourrait jouer dans le cadre de négociations d’un accord visant l’interdiction des armes nucléaires.

L’argument humanitaire : une motivation pour le désarmement nucléaire

Dans sa réponse du 5 novembre 2014, le Conseil fédéral considère l’argument humanitaire, dans le cadre du désarmement nucléaire, comme un « moyen » et une « motivation » pour avancer vers un monde sans armes nucléaires. Dans cet esprit, la Suisse s’engagera activement à Vienne.

Cependant, le Conseil fédéral estime qu’une discussion plus approfondie doit encore être menée au sujet d’un futur accord. Selon le Conseil fédéral, un tel instrument ainsi que les négociations menant à sa création, devraient être portés par une « majorité crédible » d’Etats. Toutefois, le soutient de la Suisse n’est pas soumis à la présence des puissances nucléaires autour de la table des négociations. En effet, le Conseil fédéral estime que les Etats dont le concept de sécurité se base sur les armes nucléaires sans toutefois en posséder eux-mêmes, peuvent également contribuer à atteindre la « majorité crédible » nécessaire.

Il est encourageant que le Conseil fédéral ne considère pas la participation des puissances nucléaires comme étant une condition nécessaire à la coopération de la Suisse. Cette ouverture permet d’éviter que les puissances nucléaires ne prennent le reste de la communauté internationale en otage en refusant leur collaboration.

Interdiction des armes nucléaires : quel rôle pour la Suisse ?

Le Conseil fédéral affirme dans sa réponse

qu’il faudrait les interdire [les armes nucléaires] pour pouvoir à terme parvenir à un monde sans armes nucléaires.

Ainsi, le Conseil fédéral semble aspirer un peu modestement à tenir un « rôle de médiateur ». Il serait souhaitable que la contribution de la Suisse ne se limite pas seulement à créer des ponts avec les puissances nucléaires.

La Suisse a joué un rôle déterminant dans la promotion de la dimension humanitaire lors des forums de désarmement. En conformité avec son engagement humanitaire, la Suisse devrait continuer à s’engager vigoureusement pour des négociations visant l’interdiction des armes nucléaires afin que le monde en soit débarrassé le plus rapidement possible.

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