Un parapluie nucléaire? – Non, merci!

Prise de position d’ICAN Switzerland sur la décision du Conseil fédéral contre l’adhésion au TIAN (sep 2018)

Le 15 août 2018, le Conseil fédéral a annoncé qu’ « à l’heure actuelle, il ne prévoit pas de signer le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires » (TIAN). Il a basé cette décsision sur le rapport d’un groupe de travail qui liste quatre arguments en faveur et cinq arguments contre l’adhésion au Traité.

Les arguments contre l’adhésion ne résistent pas à un examen factuel. Notre analyse détaillée montre : en l’état actuel des choses, les avantages concrets et factuels de l’adhésion au TIAN l’emportent clairement sur les désavantages hypothétiques.

Particulièrement choquant: le Conseil fédéral ne veut pas priver la Suisse de « l’option » consistant à se placer explicitement « sous parapluie nucléaire » dans le contexte extrême de défense contre une attaque armée . En substance, cela signifie que la Suisse cautionne qu’on menace, pour sa défense, d’anéantir des villes entières, de tuer des centaines de milliers de civils sans discrimination et de contaminer de vastes zones à travers les générations.

La menace d’un crime de masse ne peut en aucun cas constituer une « option » pour la Suisse! La non-adhésion au TIAN remet fondamentalement en question la tradition humanitaire et l’indépendance de la Suisse: nos valeurs traditionnelles et les piliers de notre politique extérieure et sécuritaire.

  • L’intention de « se placer sous parapluie nucléaire » prive la Suisse de toute crédibilité d’agir comme défenseuse du droit international humanitaire et des valeurs humanitaires. Comment la Suisse peut-elle appeler les autres États à respecter le droit international et les droits humains, tout en menaçant qu’un crime de masse puisse être perpétré en son nom sur des civils ?
  • La non-adhésion au TIAN sème des doutes sérieux sur l’indépendance de la Suisse et remet en question son approche de bâtisseuse de ponts. Si le Conseil fédéral décide de ne pas adhérer au TIAN afin de ne pas adopter une approche « en opposition avec les puissances nucléaires », alors la Suisse perd la crédibilité nécessaire pour jouer un rôle de médiatrice.

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